Entre amour de Dieu et rejet de la nature humaine : les « médicos del alma » et les religieuses de Nouvelle-Espagne (XVIIè- début XVIIIè siècle).

Mathilde Cotten

Résumé


L’analyse de la littérature normative (Constituciones, Reglas, manuel des confesseurs…) destinée aux religieuses de la Nouvelle-Espagne révèle l’existence d’un rapport de coercition et de domination, paternaliste chez les jésuites ou plus rigoureux chez les carmes, qui permet aux directeurs spirituels de contrôler l’orthodoxie de la foi de leurs filles spirituelles. L’étude de ces documents met en évidence la conduite recommandée, autorisée et tolérée entre un confesseur et une religieuse. La conscience de la faiblesse de la nature humaine, dont est particulièrement taxée la femme, légitime la place que les confesseurs accordent, dans leurs écrits, aux relations entretenues avec les professes. Alors que la source de cette réglementation provient de textes écrits et destinées aux communautés espagnoles, l’existence d’une production « mexicaine » témoigne d’une sensibilité propre aux religieuses et confesseurs de la Nouvelle-Espagne. Elle se manifeste de prime abord par une certaine souplesse dans l’application des règles établies pour la péninsule ibérique, comme dans le cas des carmélites. Mais elle doit surtout tenir compte d’une spécificité propre aux moniales du Nouveau-Monde : la fréquence des manifestations de possession, souvent violentes, et des comportements ascétiques et mystiques.

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