Pino (Juan Baptista), López Cancelada (Juan), Exposición sucinta y sencilla de la provincia del Nuevo México y otros escritos, ed. de Jesús Paniagua Pérez, León, Junta de Castilla y León-universidad de León, 2007 (302 p.).


Compte rendu par Bernard Lavallé


Le XVIII° siècle finissant a sans doute été l’époque d’une seconde découverte du continent dont les limites coloniales ont soudain été à peu près partout repoussées par les soldats et les marchands, et qui vit fleurir des dizaines d’expéditions plus ou moins scientifiques visant à faire un nouvel inventaire de l’espace américain.

La description du Nouveau Mexique ici publiée fait partie de ce grand mouvement. On la doit à la collaboration de deux hommes très différents. L’un, Pino, apporta sa profonde connaissance du terrain, puisqu’il y était né en 1752. L’autre, Cancelada, était un autodidacte passionné par la Nouvelle-Espagne où il était arrivé en 1789 pour des affaires commerciales, comme beaucoup d’autres gachupines de son époque. Il mena une existence agitée et polymorphe, notamment dans la jeune presse mexicaine. Exilé en Espagne en 1810, il continua d’y mener une vie agitée entre politique et publicisme que l’on connaît bien grâce aux travaux de V. Zárate Toscano. Dans une étude préliminaire d’environ cent cinquante pages d’une grande précision, Jesús Paniagua Pérez remet bien tout cela en perspective, la région, l’époque, les hommes et l’oeuvre.

La description est elle aussi très précise sur le plan des conditions géographiques, des ressources, des revenus de la province, de sa population, de ses possibilités de survie en milieu hostile puisque entourée de nations indiennes non soumises (Navajos et Comanches notamment) dont il est aussi longuement question ainsi que du modus vivendi qui s’était établi avec elles pour arriver à un équilibre précaire.

Sans en faire un axe de l’exposé, les auteurs donnent en fait une bonne description des difficultés que pouvait connaître en cette fin de XVIII° siècle, par ailleurs si brillante pour les grands centres mexicains, une région marginale, souvent oubliée, très éloignée, pauvre, sous la menace constante des Indiens.

Pour compléter l’ouvrage, l’éditeur a ajouté à cette description six autres écrits, deux de Pino et quatre de Cancelada.

Il s’agit d’un ouvrage bien présenté, riche et original sur une région alors bien oubliée de l’empire espagnol dont il est intéressant de voir la réalité et les difficultés pratiquement à la veille de l’Indépendance.



 
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