La géographie physique et ses dynamiques dans la construction nationale équatorienne

Alexis Sierra

Résumé


La géographie physique est un discours scientifique et une représentation scientifique spatialisée des éléments naturels composant le territoire. La nation est une communauté d’héritages, de valeurs et de destin qui s’inscrit sur un territoire et lui donne un sens voire une personnalisation. La géographie physique a souvent servi à « naturaliser » les constructions nationales. C’est à la fois valable et difficile pour l’Equateur dont l’État-Nation est confronté à des distinctions régionales d’autant plus vives qu’elles semblent « naturelles ». La géographie physique sert en effet à représenter un Equateur côtier, andin, amazonique voire insulaire avec les Galapagos et à alimenter les revendications décentralisatrices. Pourtant, les politiques ont également puisé dans la géographie physique pour donner à voir et permettre de s’approprier l’Equateur comme territoire national. Ils l’ont fait à travers l’œuvre des naturalistes, par la position équinoxiale du pays, par la richesse d’une « nature » érigée en patrimoine national ou plus récemment pour créer une sorte d’union sacrée face à des risques d’origine naturelle (aléas liés au phénomène El Niño, éruptions volcaniques) représentés comme des ennemis extérieurs à combattre collectivement.

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