Le Projet Guayaquil Ecologique : Les enjeux économiques, sociaux et environnementaux de la réhabilitation de l’Estero Salado

Diana Sarrade Cobos

Résumé


L’Estero Salado est un bras de mer, constitué d’un important réseau de ramifications, qui remonte du Golfe de Guayaquil en délimitant la ville à l’ouest. Il a été un lieu de baignade et de pêche jusque dans les années 1950 mais l’assèchement de certains chenaux a permis l’expansion urbaine et a conduit à la dégradation progressive de ce milieu. Sa destruction cristallise depuis longtemps les conflits d’intérêts et les tensions entre le pouvoir central, les élites municipales, les populations désœuvrées et les trafiquants de terres. En dépit de la création en 1986 d’une zone de protection et des efforts des deux dernières administrations municipales pour la modernisation de la gestion de Guayaquil, les conditions de vie sur les rives de l’Estero Salado restent précaires.
Aujourd’hui, pour respecter le principe de la « vie harmonieuse » et le droit de la nature à être préservée, présents dans la nouvelle Constitution équatorienne de 2008, le gouvernement de Rafael Correa a lancé en 2010 le Projet Guayaquil Ecologique. Cet ambitieux programme a pour objectif de pallier les dysfonctionnements actuels en matière de protection environnementale et d’envisager des solutions pour la construction de logements populaires. Le Projet Guayaquil Ecologique vise la réhabilitation de l’Estero Salado, la création d’un parc thématique et la mise en valeur de l’île Santay. Face aux conséquences sanitaires de la pollution, la réhabilitation devrait répondre non seulement à des impératifs environnementaux mais aussi à des enjeux politiques, économiques et sociaux.

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