Institutions, politiques culturelles et patrimonalisation de l'héritage culturel

Anne-Claudine Morel

Résumé


Notre réflexion porte sur le sort et le statut actuels de la Casa de la Cultura Ecuatoriana (CCE) : cette institution, créée en 1944 par l'intellectuel Benjamín Carrión, est-elle l'acteur d'une forme de patrimonialisation d'un héritage culturel équatorien ? Si nous envisagions cette hypothèse, cela voudrait dire que les valeurs véhiculées par cette institution ainsi que les productions qu'elle favorise ne sont plus en phase avec une modernité ni avec la réalité du moment. C'est pourtant ce que nous proposons de mettre en lumière. Nous analysons le rôle de la Casa de la Cultura Ecuatoriana en tant qu'institution faisant partie du paysage culturel traditionnel de l'Equateur, et en tant que vecteur d'une politique culturelle qui a bien du mal à se synchroniser avec les politiques énoncées par le Ministère de la Culture équatorienne depuis l'arrivée de Rafael Correa au pouvoir. La question est de voir si depuis 2008, l'institution est reléguée inexorablement et progressivement au rang d'entité conservatrice d'un patrimoine culturel national qui se heurte aux espoirs d'une « Révolution culturelle » souhaitée et annoncée par le ministère, ou si elle est encore capable d'être un acteur à part entière dans une politique culturelle commune.

Texte intégral :

PDF


 
ISSN 1957-7273     © Association HISTOIRE(S) de l'Amérique latine.