Culture et identité nationale dans les années 70 et 80 en Equateur: la théorie de la rencontre manquée avec l’équatorianité. Etude de « El desencuentro », de Fernando Tinajero, éditions de 1976 et 1983.

Anne-Claudine Morel

Résumé


Fernando Tinajero (Quito, 1940) est un intellectuel équatorien qui s'est longuement penché sur le problème de l'identité nationale équatorienne, dès le début des années 60 et jusqu'à aujourd'hui. Sa réflexion se nourrit d'un questionnement sur l'identité de la culture nationale, à laquelle il participe pleinement en publiant divers essais théoriques dont certains sont fondateurs d'un renouveau intellectuel propre aux années 1970 et 1980. Cependant, c'est sa contribution « pratique » à la question de la mise à jour mise d'une culture authentiquement équatorienne qui nous intéresse plus particulièrement. Son unique roman, El desencuentro, est publié une première fois en 1976. Rédigé à partir de 1971, alors que son auteur réside à l'étranger, il reçoit un prestigieux prix national en 1976 ; une seconde édition, entièrement remaniée par son auteur, voit le jour en 1983. L'étude de ce roman au titre significatif nous permettra d'envisager les moyens mis en œuvre par Tinajero pour moderniser et « révolutionner » la production romanesque équatorienne d'alors, et contribuer à révéler une culture équatorienne authentique. L'écart entre les deux éditions, jalonné par une réflexion théorique très riche sur l'émergence d'une possible culture nationale authentique, nous semble significatif d'une « rencontre manquée », ou impossible, avec une modernité littéraire d'une part, et avec un discours révolutionnaire sur la question identitaire d'autre part.

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