Constitution et équatorianité : la Pacha Mama proclamée sujet de droit

Sylvie Monjean-Decaudin

Résumé


Traiter de l’équatorianité revient à s’interroger sur l’identité nationale équatorienne. Sous un angle de vue juridique, il semble que le texte fondamental, qui détermine, entre autres, l’identité d’une nation et unit les membres d’une patrie, est la Constitution. Elle contient les valeurs essentielles communes à une nation. Le 28 septembre 2008, une nouvelle Constitution a été adoptée par référendum. L’Equateur est le premier État au monde à reconnaître la Pacha Mama (ou la nature) comme sujet de droit. La Pacha Mama cesse d’être un objet d’appropriation et se voit conférer un droit à réparation en cas de dommages qui lui seraient causés. Pour ce faire, la Constitution prend en compte la symbiose qui existe entre l’homme et la nature et place le sumak kawsay (ou « bien vivre ») comme point d’union entre les droits de l’homme et les droits de la nature mais, également, entre l’écologie et l’économie. Les choix de développement visent à préserver un environnement sain et durable et à protéger la nature, victime durant des décennies de la surexploitation des richesses naturelles. Les citoyens sont associés aux prises de décisions concernant la gestion de l’environnement et chacun peut exercer les droits subjectifs de la nature en vertu du droit au sumak kawsay.

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